« A.L.F. », de Jérôme Lescure : « La vivisection, une “science” racoleuse de subventions et sans conscience »

On les a vues et on les verra encore fleurir, les pseudo-« œuvres » des médiocres dessinateurs, chanteurs, blogueurs, réalisateurs, et même « journalistes », de ceux qui croient qu’il suffit d’aimer les animaux pour que le talent aille de soi. C’est rarement le cas… Alors, quel grand bonheur, après son très bon court-métrage Alinéa 3, filmé dans quatre arènes en 2004, d’avoir vu arriver en salles, le 7 novembre 2012 — un an et demi déjà… —, le premier long-métrage de Jérôme Lescure, l’excellent A.L.F., Animal Liberation Front ! Sujet : la désobéissance civile. Un thriller, réalisé avec très peu de moyens, qui n’en est pas moins un film de pro, avec de super-acteurs (Alexandre Laigner, Alice Pehlivanyan, Jean-Pierre Loustau, Dorothée Brière Meritte, Raphaël Mezrahi, Didier Sandre…), agrémenté de tout ce qu’il faut pour faire durer le suspense — délation : qui est la balance ? Ponctuellement, des images extraites de documentaires montrent, dans le silence terrifiant des labos, l’horreur de l’expérimentation animale, dangereuse pour notre santé, cruelle pour les animaux.
L’expérimentation animale, c’est plus de 12 millions d’animaux torturés à mort dans les labos par an en Europe, dont plus de 2,2 millions en France, au nom d’une mauvaise science. Si vous ne l’avez pas vu en salles, vous pouvez vous rattraper et le voir — et revoir, et revoir… — en vidéo. Une pluie de prix pour ce coup de maître, dont celui du Golden Ace Award au Las Vegas Film Festival, meilleur film, meilleur scénario, meilleur acteur (Alexandre Laigner), meilleur second rôle (Jean-Pierre Loustau) au Los Angeles Reel Film Festival… Et vingt-deux sélections officielles (France et surtout international) supplémentaires ! Entretien avec le réalisateur de cette grande œuvre.

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A.L.F. au cinéma, ça tenait du miracle ?
Un tel film aurait été très difficile à sortir si nous avions dû suivre le chemin ordinaire d’un long-métrage avec un budget normal. Le problème, avec ce scénario, c’était son sujet, le pire de tous pour trouver une production et une distribution. Un film dramatique, sans tête d’affiche, et dénonçant l’un des sujets les plus controversés, protégés et secrets même : l’expérimentation animale. En France, nous avons réussi à le faire diffuser dans soixante-dix salles, dont trois dans la capitale. Nous avons été sélectionnés officiellement dans vingt-sept festivals à l’international et avons remporté vingt prix, dont huit fois celui du meilleur film.

Des débats ont eu lieu à certaines séances. Comment ont réagi les spectateurs ?
D’une manière générale, le film a très bien été accueilli, et le public nous a posé énormément de questions. Mais ce qui m’a fait le plus plaisir, ce fut d’entendre ou de lire ensuite les témoignages de gens qui n’étaient pas acquis à la cause animale et qui, pour certains, ont complètement changé leur mode de vie, alimentaire parfois — en arrêtant de consommer de la viande —, quotidien souvent — en achetant des cosmétiques non testés sur les animaux. Je me suis rendu compte, à travers ces témoignages, que mon film avait éveillé des consciences, et cela, pour moi, c’est la plus grande victoire.

Dans la suite logique d’A. L. F., vous avez signé l’initiative citoyenne européenne (ICE) Stop Vivisection…
Oui, et je valide complètement ! Je l’ai également partagée sur les pages de mes réseaux sociaux. C’est important, il est primordial de faire cesser toutes ces souffrances. Ces animaux sont injustement expérimentés, pour une « science » racoleuse de subventions, mais surtout sans conscience. Il est important que de plus en plus de personnes sachent désormais que les méthodes substitutives sont bien plus fiables pour la santé humaine et coûtent moins cher au contribuable, mais il y a encore beaucoup de route à faire en termes d’information, sachant que les lobbies feront tout ce qui est en leur pouvoir pour nous cacher la vérité et stopper la réalité que nous cherchons à dévoiler au grand public.

Des surprises dans le DVD?
A.L.F. dure quatre-vingt-seize minutes, plus quatre-vingts minutes de bonus, qui comportent notamment le making of du film, des interviews, mais aussi des scènes coupées au montage et deux clips de la bande originale du film. Il était important pour nous d’offrir un maximum de «bonus», c’est notre remerciement à tous ceux qui se donneront la peine de l’acheter et de découvrir le film.

Des projets ?
Pour mon deuxième long-métrage, je pense qu’il s’agira d’une comédie que j’ai écrite en 2003, et qui s’intitule Croque-morts. C’est un film d’humour noir un peu déjanté, je suis actuellement à la recherche d’une production. Pour évoluer et être plus efficace à l’avenir, je ne dois pas me cantonner dans le même genre de film. J’aurai tout le temps d’en écrire d’autres plus tard, de toute façon, les animaux resteront toujours ma priorité.

alf-lefilm.com et Alinéa 3 et A.L.F., Animal Liberation Front, en vente dans la boutique de Minotaure Films

Propos recueillis par Luce Lapin 

Posté dans Autres Cinéma Culture Non classé Vivisection

Négation du vivant

Exploités, maltraités, gavés, broyés, harponnés, consommés, expérimentés, toréés, chassés, pêchés, piégés, électrocutés pour leur fourrure, emprisonnés dans les cirques, enfermés dans les zoos, les delphinariums, abandonnés, humiliés, méprisés… NIÉS. À poil, à plume ou à écaille.

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