SOS Charly !

Charly Le Blanc au secours des chiens roumains

Chassés des cours des maisons détruites par Ceausescu dans les années 80, les chiens errent, affamés, en meute dans les rues, où, non stérilisés, ils se reproduisent. Des rafles ponctuelles ont lieu, ils y sont massacrés à grande échelle et avec grande cruauté. Depuis trois ans, l’association Charly Le Blanc a fait adopter, ou secouru, 150 chiens, certains blessés et/ou handicapés : de véritables survivants. L’association est parfois critiquée, les propos racistes (du genre « la France aux chiens français » !), voire nauséabonds, vont bon train. Entretien avec Danielle Millet, trésorière de l’association et très active sur le terrain. Christian, son mari, est président de l’association.

Comment autant de chiens ont-il pu se retrouver dehors, pratiquement du jour au lendemain ?
Soit ce n’était pas dans la culture roumaine de l’époque de les faire entrer à l’intérieur, dans les appartements, soit c’était interdit. La stérilisation n’était pas plus dans leur culture, et de toute façon pas dans leurs moyens. Il y a eu régulièrement des rafles lorsque des problèmes ponctuels apparaissaient dans les quartiers (plaintes, attaques) et des campagnes périodiques de ramassage et d’euthanasie quand le nombre de chiens devenait trop important (aussi pour des raisons politiques). La population est partagée sur la question des chiens errants. Des associations internationales — comme Vier Pfoten — ont passé des contrats avec des municipalités pour stériliser et relâcher les chiens. Quelques assoces roumaines œuvrent sur le terrain, mais peu survivent sans l’aide des autres pays européens. Durant quelque temps, les chiens des rues étaient nourris par la population, mais non soignés quand ils étaient malades, faute d’argent. L’évaluation du nombre de chiens errants (ou communautaires) est très approximatif : plusieurs dizaines de milliers à Bucarest – entre 40 000 et 60 000 — chiffres qui peuvent être surestimés pour légitimer les captures et euthanasies massives par la municipalité. Le nombre de tués est inconnu. À Bucarest, les chiens avaient disparu du centre-ville, mais ils commencent à réapparaître depuis peu. Beaucoup se sont réfugiés à la périphérie de la ville. Les meutes s’y entretuent et meurent de faim, car les gens n’ont plus le droit de les nourrir.

Dans quelle mesure la protection animale est-elle possible ?
La protection animale en Roumanie n’est pas comparable à ce qui existe chez nous. Nous avons des structures institutionnalisées (SPA ou autres), des refuges acceptés par l’État et soutenus par des associations. En Roumanie, il n’y a pas de structures étatiques — hormis les abris-fourrières, de triste réputation. La protection animale est l’affaire de particuliers, qui œuvrent dans la clandestinité et avec des moyens financiers dérisoires (couramment, 20 chiens et 20 chats dans les maisons ou appartements). Ils sont surveillés, parfois persécutés, dénoncés par le voisinage, d’où descentes de police, menaces, amendes, chiens capturés et emmenés…

Que répondez-vous lorsque l’on vous reproche de vous occuper de chiens « étrangers », alors qu’en France… ?
Il y a certes des amalgames fréquents. Mais, pour nous, qu’il soit français, chinois ou roumain, un chien est un chien : s’il est en détresse ou en danger, il a besoin d’être aidé. Nous avons perdu beaucoup d’amis et de relations de par notre engagement dans cette cause — bon vent à eux ! Par ailleurs, le problème concernant les chiens et les chats français ne provient pas de la concurrence des adoptions (minimes) de Roumanie, mais de la carence des lois françaises sur le contrôle des animaux de compagnie — portées de particuliers à vendre ou à donner, propositions de saillies (sur les sites d’annonces), élevages mal encadrés et parfois véreux, animaleries, etc. Quant au commun des Français…

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Christian et Danielle Millet place du Trocadéro le 17 mai

Qui aide Charly Le Blanc — et, d’ailleurs… qui est Charly ?
L’association a été créée en janvier 2011 et porte le nom d’un des chiens adoptés par la présidente (la sœur du président actuel) au refuge d’Irina Topor. Charly était le plus moche du refuge, celui dont personne ne voulait… et il était malade.
Nous sommes soutenus par la Fondation Brigitte Bardot, qui a recueilli dix chiens du refuge et qui reste en contact avec nous depuis. La FBB nous a fait confiance, alors que nous sommes une association minuscule et humble qui fait un travail artisanal, et nous les en remercions. Brigitte Bardot a pris le temps de téléphoner pour nous assurer du soutien de la Fondation à la cause (perdue ?) des chiens roumains, face à l’indifférence de l’Europe.
Nous sommes également aidés par une association belge, ADMA, Anti-DierenMishandelings-Actie, et un refuge de Belgique, Sans famille, qui a accepté de recueillir quatre chiens du refuge pour les faire adopter (trois chiots doivent les rejoindre prochainement). ADMA nous aide ponctuellement : livraisons de croquettes et friandises, et autres.
Nous sommes aussi soutenus par nos adhérents et donateurs, nos adoptants, qui ont apprécié le sérieux de notre travail. Quelques associations françaises ou belges sont amies, mais elles ont aussi les mêmes difficultés que nous…

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Quel est l’objectif de l’association ?
Nourrir et soigner (enclos et meutes) les 100 chiens du refuge d’Irina Topor (à Bucarest), et stériliser systématiquement. Nous faisons régulièrement venir des chiens en France. Nous avons nous-mêmes deux chiennes roumaines : Lila (2 ans 1/2) et Mika (3 ans), adoptées en 2013. Mika était venue en France pour y être soignée (démodécie avancée), Lila est un retour d’adoption (chienne hyper-craintive venant de la rue de Bucarest). Elles réagissent encore aux mots et à l’intonation du roumain. Nous avons pris quelques chiens en famille d’accueil — Momo, Molly, Ricky — pendant plusieurs mois. Ils ont été adoptés depuis.

Quels sont les critères auxquels doivent répondre les futurs adoptants, et quelle participation financière demandez-vous ?
Notre formulaire d’adoption est assez précis et complet. Nous y ajoutons un entretien téléphonique, une visite à domicile si nécessaire (effectué par nous ou par des bénévoles de confiance). Il faut pouvoir subvenir aux besoins de l’animal — et aux soins éventuels, qui coûtent cher ! —, avoir un minimum de connaissance des chiens (ce ne sont pas des chats ni des peluches), avoir une disponibilité suffisante pour s’en occuper (promenades, éducation…).
Le compte rendu de ces enquêtes est lu par les quatre personnes du bureau, qui doivent être d’accord pour l’adoption. Ensuite, on organise l’arrivée. Un suivi par mail, par téléphone, par visite, est effectué ensuite dans la durée (plus ou moins important selon la « qualité » initiale des adoptants). Nous avons eu quelques retours au début. Depuis notre nouvelle procédure d’adoption, nous en comptons peu — des erreurs de « casting » parfois… Il faut que le mode de vie de l’adoptant corresponde bien au chien, et vice versa —, sinon nous devons trouver une famille d’accueil ou une pension jusqu’au replacement du chien.
Les chiens ne viennent en France qu’une fois adoptés. Notre contact sur place est Irina Topor, qui parle français et anglais, ainsi que des particuliers roumains et quelques associations (EMA), par l’intermédiaire d’Irina. Nous n’avons aucun contact avec les autorités. Irina fait les convoyages dès que nous avons trois ou quatre chiens adoptés : aller-retour dans le weekend. Voyage sur Air France (fiable). Les adoptants se déplacent à l’aéroport, ou bien nous convoyons les chiens jusque chez eux. Nous pouvons éventuellement les garder quelques heures si besoin. Mais nous préférons de loin que les adoptants accueillent leur chien(ne) à l’aéroport.
Les frais d’adoption sont de 250 euros, qui comprennent : billet de la cage en soute, plus vaccins, puce d’identification, passeport européen, stérilisation, participation au billet du convoyeur. Possibilité de paiement en plusieurs fois, et sans aucun gain pour l’association — le prix des billets d’avion est variable selon la saison. FIN

Samedi 17 mai 2014, j’ai rejoint, place du Trocadéro, Charly Le Blanc pour la Journée internationale contre le massacre de ces chiens. D’autres manifestations, notamment à Caen, avec la FBB, avait lieu simultanément. Charly Le Blanc était également représenté à Lyon, place Bellecour, et à Marseille, au Vieux-Port.

Propos recueillis par Luce Lapin

Pour adopter : 06 60 64 55 33
Pour les aider : adhérez !
Membres sympathisants : à partir de 10 euros.
Membres actifs : à partir de 20 euros.
Membres bienfaiteurs : à partir de 50 euros.

• Actions FBB pour les chiens de Roumanie, dont l’entretien à l’ambassade le 27 mai dernier, avec Danielle Millet :
http://www.fondationbrigittebardot.fr/agir/participer-a-une-manifestation/roumanie-mobilisation-17-mai http://www.fondationbrigittebardot.fr/international/animaux-domestiques/actualites/roumanie-un-combat-sans-fin

Album photos FBB de l’action menée à Caen le 17 mai dernier https://www.facebook.com/media/set/?set=a.884267704921884.1073741860.660605300621460&type=3

Posté dans Adoptions

Négation du vivant

Exploités, maltraités, gavés, broyés, harponnés, consommés, expérimentés, toréés, chassés, pêchés, piégés, électrocutés pour leur fourrure, emprisonnés dans les cirques, enfermés dans les zoos, les delphinariums, abandonnés, humiliés, méprisés… NIÉS. À poil, à plume ou à écaille.

Les animaux. La dernière des minorités.

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