Aux îles Féroé, la mer est rouge sang

Sous la juridiction du Danemark, ces îles sont situées dans le nord de l’Europe, entre l’Écosse et l’Islande.
Le grind, le plus grand massacre de mammifères marins en Europe, est toujours de triste actualité, comme le montrait déjà cet article écrit en 2010.

Pas vraiment au sud pourtant, les îles Féroé, ce Sud réputé pour sa barbarie envers les animaux. À ce propos, d’ailleurs, il est plus que temps qu’on en finisse, du haut de notre présupposée et prétentieuse supériorité de bons Français, avec cette idée que « les autres » habitants de la planète sont plus cruels que nous envers les animaux. Ces autres étant les Espagnols, les Chinois, les Arabes, les Turcs, les Roumains — passant outre sur le fait qu’en France on n’est pas mal non plus —, quant à ceux que j’oublie, qu’ils se rassurent, je ne les louperai pas une prochaine fois.

Rouge sang, non pas, cette fois, du sang versé par les taureaux dans l’arène, mais de celui de quelque 1 500 dauphins et baleines, qui, « par tradition », sont massacrés chaque année (période indéterminée) avec la plus grande cruauté et la plus grande violence, pour, raison invoquée, « sauvegarder l’esprit collectif » et afin que les jeunes hommes prouvent leur maturité — belle façon d’entrer dans l’âge adulte. La fameuse et indétrônable tradition — une de plus à dégager —, saloperie dont se revendiquent tous les bourreaux comme « excuse », aussi bien envers les humains qu’envers les animaux, croyant ainsi « justifier l’injustifiable », selon la formule consacrée.

Feroe2

C’est parti pour les festivités. Les cétacés sont dirigés vers une baie le long des côtes, poussés par des hors-bord, puis, alors épuisés et terrifiés, harponnés à plusieurs reprises par des gaffes de métal pesant plus de 2 kg, jusqu’à ce que le croc s’accroche dans la chair. Quinze centimètres de lame d’un couteau enfoncé dans la nuque atteignent ensuite les artères et les centres nerveux. Les femelles enceintes sont éventrées. L’agonie est plus ou moins longue. Quant aux gamins, ils « baignent là-dedans », au sens propre, puisqu’ils vont nager dans la mer de sang, à cheval sur le dos des globicéphales noirs (Globicephala malaena) hurlants et agonisants, et ont pour l’occasion droit à un congé scolaire afin de participer à cette « manifestation folklorique ». Je vais en rester là pour les détails, j’ai édulcoré (sic!) autant que c’était possible, et je peux vous assurer que ce fut autant pénible pour moi de l’écrire que, j’imagine, ce le sera pour vous de le lire.

Photo Javier Moreno

Du côté de la simple compassion envers des êtres vivants qui ressentent la douleur, rien à attendre. On peut juste espérer que le taux élevé de mercure présent dans la viande de globicéphale, consommée — la mer du Nord étant l’une des plus polluées —, entre autres par les enfants, mettra un jour, qu’on souhaite le plus proche possible, fin à cette tuerie insoutenable et inadmissible.
Luce Lapin

Aujourd’hui : mission « Stop the Grind 2014 ». Samedi 31 août 2014, 33 globicéphales ont déjà été tués, 14 activistes de Sea Shepherd, qui essayaient courageusement d’empêcher le massacre, ont été arrêtés, puis relâchés. Les 3 bateaux de leur flotte ont été saisis jusqu’au procès, le 25 septembre.
Vidéo

 

 

 

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Négation du vivant

Exploités, maltraités, gavés, broyés, harponnés, consommés, expérimentés, toréés, chassés, pêchés, piégés, électrocutés pour leur fourrure, emprisonnés dans les cirques, enfermés dans les zoos, les delphinariums, abandonnés, humiliés, méprisés… NIÉS. À poil, à plume ou à écaille.

Les animaux. La dernière des minorités.

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