Les petits shérifs de Rodilhan : le lynchage, témoignage inédit d’une militante

En 2004,  nous nous étions déjà enchaînés dans les arènes : à Alès le 22 mai et à Tarascon le 27 juin. C’étaient alors la police et la gendarmerie qui étaient intervenues pour nous déloger. Ils ne nous avaient certes pas ménagés, mais ils étaient là pour faire respecter l’ordre et rendre possible une manifestation malheureusement légale en France dans ces communes où la « tradition locale ininterrompue » est de mise.

Mais le 8 octobre 2011 à Rodilhan, dans le Gard, les organisateurs n’ont sciemment appelé ni la police ni la gendarmerie. Ils ont décidé de jouer les shérifs en nous sortant eux-mêmes de l’arène. On peut se demander pourquoi ils ont agi ainsi, mais il suffit de regarder les images pour le comprendre…

Les amateurs de torture ne supportent pas qu’on les empêche de vivre « leur passion ». Ce jour-là, à Rodilhan, toute la haine et le mépris qu’ils ont pour notre combat et pour nous sont ressortis. C’était l’occasion de frapper et d’humilier de l’« anticorrida », alors ils n’allaient pas s’en priver ! D’autant que le maire de Nîmes, également président de la communauté d’agglomération, était présent et n’a pas levé le petit doigt. Il profitait du spectacle…

Le maire de Rodilhan, lui, a même mis la main à la pâte en aidant ses amis à mettre fin à « cette infamie », comme il a qualifié notre action d’interposition pacifique et non violente. Alors, dans ces conditions, tout était permis, tout était possible, puisque les détenteurs de l’autorité approuvaient. C’est bien ce qui s’est passé ce 8 octobre 2011 à Rodilhan.

La justice ne s’y est pas trompée, puisqu’en avril dernier, lors du rendu du tribunal du procès des 14 et 15  janvier, les tortionnaires ont été reconnus coupables et condamnés.

Je me souviens que, sur le moment, dans le feu de l’action, je ne me suis posé aucune question. Nous savions pourquoi nous étions là, et aucun d’entre nous ne le regrettait. C’est après que les cauchemars sont venus, et les flashs… Je revoyais les coups, j’entendais à nouveau les cris, je me rappelais cette haine dans leurs regards. Parmi nous, personne n’en est sorti indemne. Encore aujourd’hui, quand nous revoyons les images, c’est très dur. Lors du procès, tout est remonté.

De les voir, là, se faire passer pour des victimes, j’aurais presque eu pitié d’eux… Mais ma sœur m’a dit : « Regarde les images, regarde-les, et la pitié disparaîtra. »

Le 26 août 2013, à Rion-des-Landes, nous avons été gazés, traînés par terre, malmenés par les autorités, mais jamais comme ce fut le cas à Rodilhan, jamais un tel déchaînement de haine et de violence.

Ce que je garde au fond du cœur, c’est le souvenir de ces veaux qui attendaient dans le camion devant les arènes de Rodilhan, ceux que nous n’avons pas pu sauver, ceux que nous avons dû laisser là. Et qui se sont fait massacrer dans les minutes qui ont suivi.

C’est pour eux que nous le referions si c’était à refaire. C’est pour eux et pour leurs semblables que nous le referons, encore et encore, tant que la corrida ne sera pas abolie.
Delphine

• Tel un verbatim, le livre (mai 2016), très riche en informations, est incontournable pour bien comprendre et suivre les minutes du procès auquel a assisté son auteur, Roger Lahana, vice-président du CRAC Europe pour la protection de l’enfance. À commander à votre libraire, sinon il est en vente aux éditions du Puits de Roulle et sur le site du CRAC Europe pour la protection de l’enfance.

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Exploités, maltraités, gavés, broyés, harponnés, consommés, expérimentés, toréés, chassés, pêchés, piégés, électrocutés pour leur fourrure, emprisonnés dans les cirques, enfermés dans les zoos, les delphinariums, abandonnés, humiliés, méprisés… NIÉS. À poil, à plume ou à écaille.

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