Un livre sans bobards pour les gamins

Une grande enveloppe blanche. À l’intérieur, un petit (en réalité, il est plutôt grand) bouquin que j’ai bien failli mettre au rancart, car je n’ai pas la prétention d’être une critique littéraire, mais celui-ci relève de la protection animale à l’état pur, avec une réserve toutefois sur les chiens d’aveugles — juste parce que avoir un handicap n’implique pas aimer les animaux en général ni en particulier le quatre-pattes à son service. J’aurais eu grand tort de le négliger, car je n’ai jamais vu un livre pour enfants aller si loin dans la dénonciation de ce que nous (enfin, les autres, pas moi) faisons subir aux animaux — et ne s’adressant pas à eux de façon niaise (genre gnagnagna). Déjà, page 8, on a tout compris de la lucidité de l’auteure, Florence Pinaud : « Comment traitons-nous les animaux ? Dans l’histoire, l’homme a peu à peu pris le pouvoir sur les animaux. Aujourd’hui, c’est lui qui domine la planète. » Plus loin : « Certains animaux sont utilisés pour divertir les hommes. Mais quand le spectacle est fini, ils retournent dans leur cage. » La vraie pédagogie, c’est ça, et non celle des fermes prétendument « éducatives », où l’on met un lapin ou un agneau « si mignon » dans les bras des enfants en leur cachant l’horrible finalité, la seule justification de l’existence des animaux dits « de boucherie » selon les humains. Si on le leur cache, c’est bien que « c’est mal »…

Florence Pinaud ose même aborder le « spécisme », un vrai culot, elle est gonflée ! Animaux de ferme, abattoirs, végétarisme, vivisection (cosmétiques, et même médecine !), corrida, cirques, abandons, souffrance des poissons, animaux dans la guerre, Descartes, Pythagore, Darwin… La douleur, que les êtres sensibles ressentent, n’est pas occultée. Elle n’oublie rien ! Et qu’est-ce qu’elle met aux animaleries ! Intéressant aussi de découvrir comment les scientifiques détournent le mot anthropomorphisme. Tout aussi incroyable, même les illustrations, d’Anne-Lise Combeaud, sont loin d’être stupides, comme c’est souvent le cas dès que cela s’adresse aux « petits nenfants », comme dit Cavanna… comme disait Cavanna. Dur de s’habituer à son absence.

Respecter les animaux à petits pas, ça se lit dès 8 ans, mais c’est une bonne « leçon de choses animales » que les plus grands, voire les adultes, feraient bien de prendre eux aussi. C’est intelligemment expliqué (notamment les mots ou expressions difficiles, comme « gènes », « éthique animale »…), écrit clairement et simplement. Et aucun des dessins n’est sanglant ni rebutant, tous sont élégants, légers et drôles, aux belles couleurs. Qu’un tel livre existe pour enfants, ça remonte le moral (surtout le mien).

Chez Actes Sud Junior (février 2013), 80 pages, 12,70 euros. Commandez-le si votre libraire ne l’a plus en stock, et offrez-le — c’est ce que j’ai fait, à plusieurs enfants. Un livre de référence !
Luce Lapin

Posté dans Bouquins

Négation du vivant

Exploités, maltraités, gavés, broyés, harponnés, consommés, expérimentés, toréés, chassés, pêchés, piégés, électrocutés pour leur fourrure, emprisonnés dans les cirques, enfermés dans les zoos, les delphinariums, abandonnés, humiliés, méprisés… NIÉS. À poil, à plume ou à écaille.

Les animaux. La dernière des minorités.

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