Refuge de Beauregard : le bilan

AOÛT 2012 : « Je souhaiterais faire construire de nouveaux box afin que les chiens aient enfin tous du chauffage — les hivers sont très froids dans la Nièvre. »
Laurence Chamberland, présidente du refuge de Beauregard.

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Historique du refuge et projet, pour des locaux… au poil :
youtu.be/yEebh2kLCew 

Entretien réalisé en 2012 :

À la mort de leurs parents, les enfants héritent de leur patrimoine, et recueillent les animaux s’il s’en trouve. Mais le compagnon à quatre pattes peut être jugé indésirable. Abandonné, il est promis à un sort dramatique : peu d’âmes charitables adoptent les vieux chiens et chats. Pour Laurence Chamberland, rien ne s’est posé de cette façon ce 9 octobre 1989. À sa mort, à 52 ans, sa mère lui laisse comme seul héritage une fermette qui abrite l’APAN, Association de protection des animaux de la Nièvre, qu’elle a créée en septembre 1982 à Saint-Éloi. Sur un terrain nommé « Beauregard » par le cadastre, soixante chiens en perdition. À 26 ans, Laurence prend en charge le refuge de Beauregard, dont elle est depuis la présidente.

Vous étiez jeune, peu préparée à une telle responsabilité. Quels ont été vos motivations et vos objectifs ?
Je suis née au milieu des animaux. Ils m’ont aidée à traverser une enfance au cadre familial hors normes, je me devais donc de les protéger. Je me suis tout de suite attachée à ces soixante âmes enchaînées à des niches de fortune. Ils n’étaient pas nombreux, à l’époque, les « amis », connaissances ou bénévoles, à vouloir s’investir dans ce projet irréaliste : réhabiliter ce refuge pour en faire un lieu de vie, et non de mort. Un lieu où la menace de l’euthanasie, parce que « trop vieux », « trop moches », « trop de chiens », « pas à la mode », serait exclue. Beauregard est devenu un endroit où, pour certains, il fait bon vivre et parfois mourir, parce que beaucoup n’ont connu de l’humain que l’inhumain et qu’ils trouvent ici un endroit où ils sont nourris et soignés, mais aussi respectés et aimés pour ce qu’ils sont : des êtres pourvus de sensibilité et capables de ressentir la peur, le stress, l’abandon, la solitude…

Que représentent les animaux domestiques dans notre société, et pourquoi les abandonne-t-on ?
Ils sont devenus des biens de consommation qu’on achète (parfois à crédit) et qu’on jette au gré de la mode, de ses caprices et ses envies. Les chiens aujourd’hui abandonnés n’ont pour la majorité jamais vu un vétérinaire de leur vie et ne sont ni vaccinés, ni identifiés (puce ou tatouage). Ils n’ont souvent reçu aucune éducation de base. Le chien devient vite l’enfant terrible de la maison, à qui on a donné tous les droits, mais l’on s’étonne qu’il grogne quand il est installé dans le canapé et que l’on « ose » le déranger, ou qu’il devient un fugueur invétéré parce qu’il est enfermé douze heures de suite seul à la maison, transformé en nain de jardin quand il bénéficie d’un petit bout de terrain, et à qui on n’octroie même pas une petite promenade.
On constate aujourd’hui qu’on nous abandonne des chiens qui ne savent pas marcher en laisse, et parfois même qui n’ont jamais rencontré un de leurs congénères, des chiens dont il faut refaire toute l’éducation, et qui, par conséquent, passent beaucoup plus de temps au refuge qu’avant.

Les chats sont-ils mieux lotis ?
La misère féline est beaucoup plus importante que la misère canine car elle est cachée, pratiquement invisible, sauf pour les avertis, ceux qui les nourrissent dans les parcs et les cimetières. Des milliers et des milliers de chatons naissent entre mai et juillet dans la nature et chez les particuliers, qui ne soucient pas du devenir de cette progéniture si attendrissante, mais ô combien envahissante quand le plaisir égoïste de s’amuser de leurs facéties s’estompe. Il y a encore quelques années, les petits étaient éliminés à la naissance, aujourd’hui, au mieux, les refuges « sont là pour ça », au pire, on les jettera dans les bois, ils se débrouilleront bien ! Et la stérilisation dans tout ça ? « Oh, ça coûte trop cher !» me dit-on, « de toute façon, nos chats finissent tous par se faire écraser » (sic !).

De quelle aide sont les bénévoles ?
Alors là… autant ça ne se bousculait pas au portillon il y a vingt ans, à la reprise du refuge, aujourd’hui ça arrive, ça repart, ça revient ou ça ne revient pas. Bien sûr, il y a les indéboulonnables, ceux qui sont là pour octroyer un peu de temps aux animaux, toujours prêts à rendre service — et ceux-là, je les remercie du fond du cœur.  Et puis… il y a ceux qui viennent, qui viennent trop, qui se sentent investis d’une mission, qui s’immiscent de plus en plus. Le refuge devient leur faire-valoir, « leur bébé », et ils voient  souvent arriver les nouveaux bénévoles d’un sale œil. Ce sont souvent des gens seuls, sans autre passion dans la vie ou qui s’ennuient dans leur petite vie bien rangée. Et si l’on se permet un jour de leur faire une remarque, c’est le grand clash. C’est comme dans une histoire d’amour, la passion se transforme en haine.

Quelles améliorations avez-vous apportées ?
Vingt-trois ans de galère, de combats, de travaux, de grandes peines, joies et déceptions en tout genre… Mais le résultat est là : trente-sept box de 10 m2 carrelés, six chatteries chauffées, trois infirmeries avec salle de toilettage, six chalets chauffés pour les vieux chiens et un parc d’agility. En moyenne, 120 chiens et 80 chats (testés FeLV, leucose, et FIV, syndrome de l’immunodéficience féline, les « positifs » ne sont pas endormis, ils vivent séparément), vaccinés et stérilisés, sont adoptés chaque année. Un âne et une jument partagent 1,2 hectare.

Quel bilan faites-vous quand vous regardez en arrière, et quels projets pour les années à venir ?
Gérer un refuge, c’est se laisser bouffer tout entier jusqu’à tomber dans la fatigue compassionnelle. C’est faire beaucoup de concessions et de sacrifices, tant dans la vie professionnelle que privée, jusqu’à parfois perdre un bout de sa vie. En vingt ans, j’en ai perdu, des bouts de vie… consciemment ou inconsciemment. Je ne savais pas dire NON, je me suis laissé envahir par beaucoup de choses. Je n’étais plus moi-même au fur et à mesure des années. Aujourd’hui, parce que je suis une battante, pas question de baisser les bras devant les 49 chiens et 150 chats qui vivent là, avec moi, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Je souhaiterais faire construire de nouveaux box afin que les chiens aient enfin tous du chauffage — les hivers sont très froids dans la Nièvre —, une nouvelle chatterie pour que les chats aient plus d’espace, et j’ai le rêve fou d’ouvrir un dispensaire pour stériliser et stériliser encore, parce que tuer n’est pas la solution.

http://refugebeauregard.forumactif.com

Propos recueillis par Luce Lapin
8 août 2012

Posté dans Protection animale Refuges Sous les projecteurs

Négation du vivant

Exploités, maltraités, gavés, broyés, harponnés, consommés, expérimentés, toréés, chassés, pêchés, piégés, électrocutés pour leur fourrure, emprisonnés dans les cirques, enfermés dans les zoos, les delphinariums, abandonnés, humiliés, méprisés… NIÉS. À poil, à plume ou à écaille.

Les animaux. La dernière des minorités.

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