Procès du président du CRAC Europe : accusé Garrigues, levez-vous !

À la suite de l’action organisée à Rion-des-Landes par Animaux en péril, le CRAC Europe et la Fondation Bardot le 24 août 2013, en vue d’empêcher une novillada où 8 taurillons devaient être mis à mort par des apprentis toreros, Jean-Pierre Garrigues, à l’époque vice-président du CRAC Europe (élu président en janvier 2014), a été, ainsi qu’il le précise, l’objet de plusieurs plaintes. À travers lui, c’est l’association, fort dynamique, qui est visée. Le procès a (déjà !) eu lieu lundi 24 mars, au tribunal de grande instance de Dax. Entretien quelques jours avant avec un « délinquant », docteur en écologie, ingénieur des Ponts, des Eaux et des Forêts, et enseignant en économie.

De quoi êtes-vous précisément accusé, et de quelle nature sont les plaintes ?

J’ai la bagatelle de 14 plaintes contre moi ! Un premier paquet de 12 (le club taurin de Rion-des-Landes et 11 particuliers) pour injures publiques, sous forme de citation directe. Les « injures » en question ? Notre vocabulaire habituel : « pervers, sadiques, barbares, tortionnaires », avec une petite variante supplémentaire, car le nombre d’enfants spectateurs était hallucinant. La petite sortie dominicale de familles entières. J’ai alors parlé de « parents dégénérés », et je l’assume. La 13e et la 14e concernent, pour les mêmes motifs, la personne physique que je suis et ma personne en tant que président du CRAC Europe. On nous reproche donc d’une part d’avoir « organisé une manifestation ayant été interdite sur la voie publique par arrêté municipal n° 2013.07.193 en date du 19 juillet 2013 pris par le maire de Rion des Landes ». D’autre part d’avoir « exposé directement autrui à un risque immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente, en jetant des fumigènes ou en donnant des instructions de jets de fumigène aux participants à la manifestation interdite sur la voie publique ».
Et enfin, on nous reproche d’avoir « entravé de manière concertée et avec violence ou voie de fait à la liberté du travail, et ce au préjudice du cercle taurin Rionnais pris en la personne de son représentant légal, M. Bernard Dehez, président, en pénétrant dans les arènes de Rion des Landes, en créant une chaîne humaine, en s’asseyant dans le ruedo, empêchant les toreros et leurs cuadrillas d’exécuter leurs contrats dans les temps initialement impartis ».

Quelle est votre défense ?

Je ne citerai pas un certain nombre de points qui seront développés par mon avocat, maître Jean-Robert Nguyen-Phung, du barreau de Montpellier.
Ce que je peux vous dire sur les supposés « injures », c’est qu’il faut tout de même rappeler que la corrida constitue des « sévices graves et des actes de cruauté » sur animaux selon l’article 521.1 du Code pénal. Les aficionados ont la fâcheuse tendance à l’oublier. Pour cette plainte qui sera auditionnée le matin du lundi 24 mars 2014, je pense que nous allons assister à un débat sémantique. Quand on fait subir des sévices graves, on est un tortionnaire, quand on le fait avec plaisir et que l’on prend plaisir à le voir, on est un sadique et un pervers. De nombreuses personnalités, et aussi des journalistes, parlent d’actes de barbarie. Quant aux parents qui amènent leurs enfants voir ces horreurs, leur responsabilité est sérieusement engagée…
Pour les autres plaintes, comme j’ai pu le dire au gendarme chargé de l’enquête, nous ignorions l’existence de cet arrêté municipal. Par ailleurs, nous assumons le fait, dans les actions de type « Rodilhan », d’organiser des actions non déclarées. L’effet de surprise est justement l’objectif. Au sujet des fumigènes, la consigne que nous avons donnée, en tant qu’organisateurs (Animaux en péril, CRAC Europe et Fondation Brigitte Bardot), est de ne pas les lancer, de les garder en main jusqu’à complète combustion. Si des fumigènes ont été lancés au cœur de l’arène, c’est suite à un déchaînement de violence policière de la part des gendarmes, avec des militants gravement blessés. Avec des militants jetés dans les escaliers, des coups de poing sur les mains, des membres tordus, des jets de fumigènes à bout portant sur des militants immobiles… Les gendarmes ont perdu le contrôle de la situation et l’ont fait payer à des militants pacifistes. Quant au droit du travail des toreros, on pourrait croire à une plaisanterie tant ce petit monde est opaque en ce qui concerne les finances et les contrats. Le gendarme qui m’a auditionné m’a précisé : « On attend de les voir, ces contrats »…

Qui vous soutient ?

Toutes les associations partenaires, des dizaines de milliers de militants, des personnalités, de manière spontanée, comme le professeur Hubert Montagner ou Brigitte Bardot, le journaliste Henry-Jean Servat. De nombreux magistrats, écœurés par ce qui constitue un véritable acharnement judiciaire. On sent vraiment le deux poids deux mesures, c’est réellement scandaleux. On attend toujours le procès de nos agresseurs du 8 octobre 2011 à Rodilhan, pour des faits autrement plus graves. À Rion-des-Landes, le 24 août 2013, un militant est tombé dans le coma suite au tabassage par un aficionado clairement identifié. Et que propose-t-on à ce monsieur comme peine ? Un travail d’intérêt général à ses frais ! Sans commentaire.

En cas de condamnation, envisagez-vous de poursuivre la lutte, et jusqu’à quel point ?

On peut s’attendre à une condamnation exemplaire, totalement disproportionnée. Ce procès est manifestement politique. Et je le dis clairement et de manière sereine : rien ne nous arrêtera. L’abolition est en marche et les intimidations en cours (des dizaines de militants sont auditionnés et en cours de fichage — prise des empreintes digitales et photos — en ce moment suite à notre manifestation déclarée à Rodilhan le 27 octobre 2013 – AEP, CRAC Europe et FBB) ne seront d’aucun effet, bien au contraire. Les autorités n’ont pas encore compris qu’une armée pacifique était levée et que le nombre de militants actifs augmente de jour en jour, tout comme le nombre de nos donateurs et adhérents. Le petit monde de la torture tauromachique est aux abois. Un député du Cantal veut à tout prix nous faire passer pour des violents (Alain Marleix, président du groupe d’étude sur la tauromachie à l’Assemblée nationale) en inventant des faits : bus incendiés dans le Sud-Ouest, militants danois venus en découdre dans le sud de la France, et même un classement de la corrida au patrimoine culturel immatériel mondial de l’Unesco. Au secours !
Les aficionados sentent la fin proche, et, comme à chaque fin de règne, se défendent par tous les moyens. Ce sera peine perdue. Car, finalement, nous ne demandons qu’une chose : un débat démocratique sur le sujet, tant au niveau local que national. Débat refusé par des aficionados (« Quel débat ? » pouvait dire Alain Marleix sur l’antenne de Sud Radio) qui prennent la République en otage et nous plongent depuis bien trop longtemps dans une dictature tauromachique. Cette époque est révolue, ils vont devoir le comprendre.

Propos recueillis par Luce Lapin

AJOUT. Christophe Marie, directeur du bureau de protection animale et porte-parole de la Fondation Bardot, ainsi que Jean-Marc Montegnies, président d’Animaux en péril, coorganisateurs avec le CRAC Europe de l’action du 24 août 2013 à Rion-des-Landes, sont également cités à comparaître ! Ils ont été convoqués il y a peu. Sur le site d’Animaux en péril, on apprend que « les enquêteurs de la Gendarmerie de Dax (qui ont auditionné longuement les trois prévenus) étaient assistés par la cellule “Section extrémismes violents et analyse transverse” de la direction générale de la Gendarmerie, une cellule sous les ordres directs de Manuel Valls. En outre, [Valls] se vantait dans les colonnes du Midi Libre [18/09/13] d’avoir la capacité de bloquer toute initiative parlementaire sur le sujet ». Tous deux risquent jusqu’à 45 000 euros d’amende et trois ans de prison. J.-P. Garrigues, encore plus. Pour une action pacifique…

VERDICT ! Tout sur le procès sur le site du CRAC Europe et le compte rendu d’Animaux en péril.

Posté dans Corrida Sous les projecteurs

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