Justice pour les gypaètes barbus !

                               Photo Bruno Berthemy

La Ligue pour la protection des oiseaux France coordonne un programme de réintroduction du gypaète barbu qui s’étend des Pyrénées aux Préalpes, en passant par le massif central.

Sur ce territoire, 52 gypaètes ont été libérés depuis 2010, dont 35 dans le cadre du Life Gypconnect. Parmi les 52 oiseaux libérés de 2010 à 2020, 32 évoluent encore dans la nature. Dans les départements de l’Aveyron et de la Lozère, 25 oiseaux ont été libérés, dont 11 sont morts. Sur ce territoire, notamment sur le causse Méjean, nous pouvons déplorer la mort et/ou la disparition inquiétante de plusieurs gypaètes barbus équipés de balises GPS (les balises nous permettent d’avoir des informations quasi instantanées sur la position et la situation des oiseaux) :

Disparition du gypaète barbu désigné Jacinthe (lâchée en 2014) le 27/09/2014 (date de la dernière donnée GPS). Plus aucun contact visuel VHF GPS à partir de ce moment-là. Aucune trace de l’oiseau trouvée.
Disparition de Cayla (lâchée en 2016) le 28/08/2016 (date de la dernière donnée) dans le même secteur. Idem, plus aucun contact ni aucune trace de l’oiseau.
Mort de Larzac (lâché en 2015), en Allemagne, en juillet 2016. Présence d’un impact de plomb sur la mandibule supérieure droite, avec une zone de remaniement osseux signant une fracture ancienne. Larzac a, comme tous les gypaètes lâchés dans les grands causses, fréquenté pendant plusieurs mois les falaises du causse Méjean (où il a pu être victime de ce tir ?) , avant de partir vers l’Allemagne.
Durzon et Viaduc, lâchés en 2017 et retrouvés morts en 2018 sur la commune de Millau, ont également été victimes de tirs, même si les causes de mortalité sont toutes autres (empoisonnement et pathologie). Tous deux avaient aussi beaucoup fréquenté le secteur du Sud Méjean.
Et Dolomie, mâle, réintroduit le 13/06/2020 et découvert mort le 11 octobre 2020, victime d’un tir (avec de nombreux plombs de chasse n=15).

                                                    Photo Bruno Veillet

 Parallèlement, nous constatons sur cette partie du territoire une fréquence d’oiseaux victimes d’actes de destruction intentionnelles, dont des rapaces victimes de tirs et/ou d’empoisonnements (vautours fauves, moines, percnoptères, gypaètes, aigle royal, milan royal). Ainsi, 22 rapaces ont été découverts victimes de tir, et 11 d’empoisonnement. Il semble donc que sur ce territoire règne un sentiment d’impunité, certainement du fait du classement sans suite des enquêtes qui ont été diligentées.

Ces données révèlent l’existence de destruction d’espèces protégées, sans pour autant être représentative de la réalité des faits (c’est uniquement la partie émergée de l’iceberg : probablement moins 10 % des cas). En effet, ces données ne renseignent que de notre effort de prospection et/ou de notre capacité à découvrir et à diagnostiquer ! La découverte de mortalité ou d’oiseaux en détresse est réalisée de manière aléatoire et confrontée à plusieurs limites telles que la disparition rapide des cadavres en nature, ou encore leur accessibilité. De plus, lorsque des cadavres sont découverts, leur état de décomposition ne permet pas toujours d’éluder les causes de leur mort. Tous les oiseaux découverts ne font pas l’objet d’analyses. Et, dans certains cas, lorsque des analyses sont effectuées, les recherches effectuées ne peuvent être que partielles : le nombre de tirs et d’intoxications est donc très sous-estimé.

Cependant, même avec les données disponibles, considérant qu’elles constituent une cause de mortalité significative, les tirs et les intoxications ont un impact majeur sur des espèces à fort enjeu comme les rapaces, dont les populations sont caractérisées par des populations à faible effectif et toute perte d’individu peut avoir des conséquences dramatiques sur la dynamique de leurs populations.
Pascal Orabi
Chef de missions LPO France

 

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